Chandeleur, chandeleur… mais « qu’es acco »
dirait on en langue d’oc ?
Pour beaucoup c’est la fête des crêpes. Mais non, c’est
d’abord et essentiellement la fête des chandelles.
Cela vient d’une fête païenne et latine : fiesta
candelorum. On allumait des torches, et à minuit on faisait une procession dans
les champs pour purifier la terre au sortir de l’hiver, pour la fertiliser
avant les semailles. C’est donc un rite
de purification.
Depuis le Vème siècle l’Eglise a repris cette fête païenne
pour célébrer, 40 jours après Noël, à la
fois, la purification de la vierge Marie,
« relevailles » après les couches. Et la présentation de Jésus au
temple. C’est le Christ, lumière du monde qui sanctifie tout homme.
On remplace les torches par des chandelles bénites et on
fait la procession de la lumière.
Ensuite on rapporte le cierge à la maison pour protéger le
foyer.
La tradition demande aussi de ne « ranger » la crèche qu’à partir de la chandeleur qui
termine le cycle des fêtes de Noël.
Tout ça c’est bien beau, mais les crêpes dans tout
cela ??? Nous y voila. On dit que les crêpes, par leur forme ronde et leur
couleur dorée rappellent le disque solaire qui brille dans le ciel, évoquant le
retour du printemps, après l’hiver sombre et froid, moment où les jours
allongent, moment aussi des semailles d’hiver, on se servait alors de la farine
excédentaire pour confectionner les crêpes, symbole de prospérité pour l’année à venir. Rappelez vous :
faire sauter les crêpes avec en main une pièce d’or,(c est déjà pas mal) et
envoyer, pour les plus adroits, la crêpe sur l’armoire…Ca, c’est très fort, !!!
pour la trouver intacte l’année suivante ( à moins qu’une petit souris ne soit
passée par là !!!)
La Roseraie a donc sacrifié à la coutume, sur l’autel de la
fée électricité, elle a eu sa fête de la chandeleur. Les 2 prêtresses étaient
Marie Ange et Séverine, toujours prêtes à nous régaler. Crêpes à volonté, selon
ses goûts : au sucre, à la framboise, au caramel…servies par des mains
expertes. Tout cela arrosé de cidre « bouché » et de jus de fruits.
Mais, comme en France, tout finit et commence par des
chansons, nous n’avons pas failli à ce dicton, en égrenant, avant le festin,
les ritournelles habituelles pour la joie de beaucoup de nos aînées.
Que cette nouvelle chandeleur amène la prospérité pour notre
maison de la Roseraie ( je n’ose pas dire pour ses habitants !!!)
Marie Thérèse Decaud
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